Le Conseil d’Etat valide la construction d’un grand parc éolien contre l’avis des défenseurs de l’environnement

Le vent de la discorde. Jeudi 15 avril, le Conseil d’Etat a donné le feu vert à l’entreprise Les moulins de Lohan, une filiale du groupe canadien Boralex, pour la construction et l’exploitation d’éoliennes à Lanouée, dans le Morbihan. Un coup de massue pour Anne-Marie Robic, déléguée de la société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF) qui se battait depuis sept ans pour contrer ce projet de parc éolien. « Je n’étais pas prête à ces conclusions. C’est terrible, inacceptable », s’est-elle indignée. Epaulée par des riverains ainsi que par l’association Bretagne vivante, les efforts d’Anne-Marie Robic n’auront pas suffi. Comme le rapporte France 3, c’est un parc de 16 éoliennes mesurant chacune 185 mètres de haut qui s’apprête à s’implanter sur une parcelle de 331 hectares dans cette forêt de Lanouée, située dans la commune des Forges, deuxième massif forestier de Bretagne. Selon le porteur du projet, les éoliennes devraient permettre d’alimenter 50 000 personnes en électricité.

L’industrie plutôt que l’écologie

Pour Anne-Marie Robic, les 66 espèces protégées de la forêt vont devoir fuir leur lieu d’habitation, qui sera selon elle complètement dénaturé. Mais le Conseil d’Etat a fait valoir que les objectifs de la transition énergétique devaient passer avant la protection animale. « La cour administrative d’appel a (…) relevé le caractère fragile de l’approvisionnement électrique de la Bretagne, résultant d’une faible production locale ne couvrant que 8% des besoins de la région », a rapporté le Conseil d’Etat. « Une décision très sévère », selon l’avocat des requérants Sébastien Collet qui a indiqué selon France 3 une « incohérence flagrante » dans la décision de détruire des forêts au nom de la transition écologique. Anne-Marie Robic a quant à elle déploré le fait que le Conseil d’Etat fasse primer l’industrie éolienne, plutôt que la véritable écologie. En 2017, le tribunal administratif de Rennes avait annulé les permis de construire délivrés en 2014, interdisant ainsi d’exploiter la zone. En 2019, après avoir été saisie par Les Moulins de Lohan, la cour administrative de Nantes avait décidé d’annuler la première décision, autorisant ainsi le projet à se concrétiser. Pour contrer cette nouvelle décision, la SPPEF a ainsi porté l’affaire devant le Conseil d’Etat, sans réussir à interdire de nouveau l’implantation du parc éolien.

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